*

La voie littorale vers Saint-Jacques-de-Compostelle

La voie littorale longeait l’arrière front des dunes et des étangs du Médoc vers les Pyrénées et l’Espagne.
En savoir plus
La voie littorale longeait l’arrière front des dunes et des étangs du Médoc vers les Pyrénées et l’Espagne.
Réduire

 

Cet itinéraire, qui n’est pas mentionné dans le Guide du pèlerin , était jalonné, depuis la pointe de Grave, par les prieurés de Saint-Nicolas et de Soulac, l’hôpital de Lagrayanès et les prieurés de Comprian et de Mimizan, entre lesquels les Hospitaliers firent l’acquisition au XIIIe siècle de vastes domaines et terrains de parcours du pays de Médoc, pays de Buch et pays de Sore.

Le départ de cette « voie des Anglais » se situe à Soulac-sur-Mer. Les pèlerins de Terre Sainte et de Compostelle y débarquent de nefs venues de Saintonge, d’Angleterre, de Hollande, de Bretagne, de Normandie, pour visiter le tombeau de sainte Véronique. L’abbaye Sainte-Croix de Bordeaux édifie au XIe siècle un monastère sous la règle bénédictine. Le sanctuaire (Notre-Dame-de-la-Fin-des-Terres) est célèbre et fréquenté par de nombreux pèlerins. L’édifice roman, restauré durant l’époque gothique et à partir du XVe siècle, affronte les guerres de Religion et l’assaut du sable et se retrouve presque totalement sous la dune. En 1860, sous l’égide du cardinal Donnet, le monument est sauvé.

CDT 33 - Hubert Sion

Les pèlerins rejoignent ensuite le prieuré de Saint-Hélène-de-l’Estang (Hourtin) qui comporte une chapelle : l’un de ses quatre autels était dédié à saint Jacques. L’église primitive de Carcans dédiée à saint Martin a été détruite vers 1850. Un de ses autels est consacré à Saint-Jacques et une confrérie jacquaire y est attestée en 1661. L’église actuelle s’enorgueillit d’une jolie statue de Saint-Jacques pèlerin, en bois polychrome, du XVIIe siècle.

Vient ensuite Lacanau où au village de Talaris se trouvait la chapelle Sanctus  Vicentius de Canali , détruite par l’élévation progressive du niveau des eaux. Elle est reconstruite au centre de Lacanau-ville en 1765. L’église ancienne reçoit les dévotions des jacquets, dont la confrérie perpétue encore le souvenir au XVIIe siècle. L’église nouvelle abrite une statue polychrome de saint Jacques pèlerin, datée du XVIIIe siècle.

Les pèlerins rejoignent Le Porge où est sise la chapelle dénommée Saint-Seurin-de-Buch et Saint-Seurin-du-Porge, qui dépend du prieuré de Cayac à Gradignan, un des hauts lieux jacquaires en Gironde. Une statue de saint Jacques est présente dans l’église.

Puis, en bordure du bassin d’Arcachon, l’église romane Saint-Eloi, à Andernos-les-Bains, possession du chapitre Saint-Seurin de Bordeaux et rattachée d’autre part au prieuré Saint-Jacques du Barp possède une confrérie de saint Jacques le Majeur, dotée de statuts, créée vers 1600, sous l’égide du cardinal de Sourdis. Restaurée, l’église présente quelques peintures murales de la fin de l’époque gothique dans l’absidiole nord dédiée à sainte Quitterie.

Au Teich,  la fontaine Saint-Jean, qui se trouve sur le tracé d’une ancienne voie romaine appelée Chemin de Port de By à la station de Lugo, a accueilli les voyageurs, pèlerins et marchands qui s’y sont reposés et désaltérés. Un fragment sculpté trouvé au fond de cette dernière est formé d’une pierre creusée en demi-cercle avec une forme de coquille pour bénitier. D’autre part, l’église Saint-André du Teich, bâtie en style néo-médiéval en 1923-1924 par l’architecte Gervais, abrite une statue de saint Jacques pèlerin en bois polychrome du XVIIe siècle.

Le prieuré de Comprian à Biganos, fondé en 1085, par le chapitre Saint-Seurin de Bordeaux, sert d’hôpital pour les pèlerins et les marins, mais aussi, dès 1300, de lieu de sépulture pour les captaux de Buch. Ruiné, ce qu’il en reste a été reconverti en bâtiments agricoles. Quelques éléments sculptés romans et gothiques provenant de Comprian sont conservés au Musée Aquarium d’Arcachon : un bas-relief du XIIe siècle figurant la Traditio Legis , transmission de la nouvelle loi aux apôtres et, au premier chef à saint Pierre, le patron de Comprian et un autre petit chapiteau à l’Atalante, de facture voisine. Dans l’église de Biganos, se trouve une cuve baptismale quadrilobée ornée de symboles des évangélistes. Le piédestal présente des feuilles de choux sculptées alternant avec des arcatures trilobées du XIVe ou du XVe siècle.

Les pèlerins rejoignent ensuite Mios, Salles et font une pause à l’église de Vieux-Lugo (Lugos). Perdue au milieu des bois, église d’un hameau abandonné par ses habitants en 1849, elle est célèbre pour les peintures murales des années 1500 qui ornent une partie de ses murs. On y observe les œuvres de miséricorde accomplies au profit des pèlerins de Saint-Jacques. Des personnages figurés possédant besace, bourdon et costume particulier, identifiés comme des pèlerins se rendant vers Saint-Jacques-de-Compostelle, complètent ce décor peint d’un grand intérêt. Les marcheurs se dirigent vers le prieuré de Saint-Pierre-de-Mons, point de jonction avec la grande voie de Tours en direction de l’Espagne.

Retour haut de page