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La voie de Vézelay vers Saint-Jacques de Compostelle
Sur son tracé, on trouve quelques sanctuaires d’envergure comme Saint-Front de Périgueux et l’église Saint-Jacques de Bergerac. La voie rejoint Sainte-Foy-la Grande, puis l’abbaye bénédictine de La Réole où se fait la traversée de la Garonne. Elle se dirige alors vers le sud par Bazas et Captieux et traverse les petites Landes jusqu’à Mont-de-Marsan, pour atteindre Roncevaux après avoir franchi l’Adour à Saint-Sever.
Sainte-Foy-la-Grande , bastide du XIIIe siècle fondée par Alphonse de Poitiers, possède en son sein un prieuré bénédictin établi sur les bords de la Dordogne et qui dépend de l’abbaye de Sainte-Foy-de-Conques en Rouergue. Une relique de la Sainte y avait été déposée, ce qui a permis aux pèlerins de venir s’y recueillir. On peut encore la voir dans l’église Notre-Dame. La maison des prêtres , importante construction, flanquée d’une tour crénelée est un vestige de la présence des Templiers à Sainte-Foy. A l’intérieur, on trouve une salle voûtée, des fenêtres trilobées, une croix templière…Cet ordre a pu assurer la sécurité du très important passage sur la Dordogne.
Les pèlerins rejoignent ensuite la bastide de Pellegrue , où un prieuré Saint-André a été fondé par le monastère Saint-Florent de Saumur au XIIe siècle. Le célèbre chroniqueur Jean Froissart, dans la Guerre de Guienne , rapporte que des pèlerins de Flandres, au retour des Saint-Jacques-de-Compostelle, ont été chaleureusement accueillis dans la ville, alors aux mains des Anglais. L’église paroissiale Saint-André possède une très belle coupole sur pendentifs et une façade occidentale percée d’un sobre portail du XIIIe siècle.
De là, le chemin se poursuit vers Saint-Ferme , magnifique abbaye bénédictine, l’un des grands établissements d’Aquitaine sur le chemin de Saint-Jacques, entouré de son bourg. Quelques très beaux chapiteaux du XIIe siècle (du maître de saint-Ferme), le carré du transept et la nef forment un ensemble très dépouillé qui incite le visiteur au recueillement. L’abbaye a conservé une grande partie de ses bâtiments monastiques présents autour d’une cour pavée.
On atteint ensuite la petite église romane de Saint-Sulpice-de-Guilleragues, et sa chapelle du XVe siècle, enveloppée en partie par le cimetière. Les restaurations récentes ont mis en valeur un décor peint gothique dans le chœur, du XVIIIe siècle dans la chapelle et du XIXe siècle dans la nef.
On rejoint ensuite Roquebrune où est bâtie une commanderie, sise sur une butte, fondée vers 1170 par les Templiers, qui surveillait le gué du Drot. Les constructions de cette commanderie ont subsisté en partie : le logis du commandeur et les bâtiments de l’hôpital abritent aujourd’hui la mairie. A côté se trouve la petite église Saint-Jean-Baptiste, avec son chevet plat caractéristique de l’architecture des ordres militaires.
Saint-Hilaire-de-la-Noaille est l’étape suivante, siège d’un prieuré et d’un hôpital Saint-Jacques, fondés par les Bénédictins de La Réole. L’église romane conserve des chapiteaux romans historiés, placés sur la porte romane ouverte au nord de la nef. Une croix d’oraison se trouve aujourd’hui sur la route de Monségur. En guise de prière, on soulevait la pierre un instant, la tenant au dessus d’une sorte d’auge, creusée à même le sol.
La Réole accueille ensuite les jacquets, qui font leur dévotion à l’église priorale Saint-Pierre. Ce vaste édifice est remarquable par son chevet de la fin du XIIe ou du début du XIIIe siècle, ses transept bas, clocher et portail du XIVe siècle, et sa nef reconstruite au XVIIe siècle. L’ancien prieuré des Bénédictins (début du XVIIIe siècle) possède une façade méridionale dominant le val de Garonne, avec un bel escalier à double révolution, une cage d’escalier et de superbes ferronneries (grilles et rampes), oeuvres de Blaise Charlut.
Le chemin, de l’autre côté de la Garonne, aboutit à Bassanne, au moulin de Piis, l’un des plus vieux moulins fortifiés de Gironde, récemment restauré, qui accueille les pèlerins d’aujourd’hui. Pondaurat est l’étape suivante, où se trouvent les vestiges d’une commanderie de l’ordre des Antonins, attestée par les Rôles Gascons en 1254. L’église remaniée au XIXe siècle, est entourée de bâtiments conventuels, aujourd’hui propriété privée, d’un magnifique moulin appartenant autrefois au couvent et d’un superbe pont médiéval qui franchit la Bassanne. Les Antonins, réputés pour avoir traité le « mal des ardents » ont protégé et porté assistance aux pèlerins.
Les pèlerins se dirigent ensuite vers Bazas. De la jolie place entourée de maisons sur couverts des XVIe et XVIIe siècles, on accède à la cathédrale Saint-Jean , édifiée au XIIIe et XIVe siècles sur le modèle des grandes cathédrales gothiques du Nord de la France. La cathédrale a été dévastée en grande partie par les Huguenots (1577-1578), mais les portails, le plus bel exemple de statuaire gothique de la Gironde, ont été épargnés, et laissent encore les pèlerins admiratifs. De la porte du Gisquet, où se trouvait un hôpital Saint-Antoine halte privilégiée des pèlerins et autres indigents d’autrefois, on reprend la route par Cudos et Bernos-Beaulac pour atteindre Captieux, ancienne localité autre fois fortifiée, où le pèlerin d’autrefois a trouvé sur son chemin le prieuré Saint-Antoine, dernière étape avant la longue et périlleuse traversée des Landes avec ses chemins sablonneux dans un paysage de pins et de bruyère à perte de vue.
